lundi 12 novembre 2007
हेरिटेज स्पोलिए?
Héritage spolié ?
La famille Lemière revendique huit îles des Chagos
Un citoyen mauricien, Paul Lemière, a récemment découvert que pas moins de huit des soixante-cinq îles de l'archipel des Chagos avaient été concédées à vie à un de ses ancêtres par la reine Victoria.
Paul Lemière, actuellement conseiller municipal de l'Alliance sociale à Beau-Bassin/Rose-Hill, examine sérieusement la possibilité d'intenter un procès au gouvernement de Londres devant une cour de justice britannique appropriée pour revendiquer ses droits d'héritier de la concession. Il a déjà retenu les services d'un constitutionnaliste australien et celui-ci sera épaulé par l'étude de Me. Rex Stephen.
L'objectif du procès, affirme M. Lemière, sera d'obtenir l'interprétation que la cour de justice éventuellement saisie donnera au sens de "concession à vie". Et en cas d'un jugement positif, le citoyen mauricien compte réclamer la restitution de son patrimoine familial ou, à défaut, des compensations.
En adoptant un Ordre en Conseil - dicté par la reine Elizabeth II à l'instigation du Commonwealth and Foreign Office - dans le dos de son ancienne colonie de l'île Maurice le 8 novembre 1965, la Chambre des communes permit à la Grande-Bretagne d'exciser l'archipel des Chagos de notre territoire national. Déjà, d'un point de vue de droit international et du droit des peuples à s'auto-déterminer sans que leur intégrité territoriale ne soit démembrée, la démarche anglaise fait toujours débat. La découverte de Paul Lemière viendra, estime-t-on, compliquer davantage les problèmes de la couronne britannique dans le dossier des Chagos.
L'incroyable histoire des Lemière ne fait que commencer, mais elle ne paraît pas dépourvue de pertinence vu l'impressionnante documentation que la famille a réunie. Les liens de la famille de Paul Lemière dans cette affaire débutent avec Hyppolite, leur ancêtre du côté de son père. Hyppolite Lemière, maire de Port Louis au début du dernier siècle et prospère homme d'affaires, démontra tellement d'intérêt aux Chagos qu'il se vit octroyer au moins huit des soixante-cinq que compte cet archipel par cinq arrêtés de la reine Victoria elle-même, le 11 octobre 1865. Ces îles sont respectivement l'Ile-aux- Vaches, Trois Frères, l'île Danger, les îles Boddam, Anglaise, La Passe, le Diable et l'Aigle. Hyppolite Lemière ne les obtint pas seul toutefois, mais en compagnie de deux partenaires, MM. Henry Plasson et Auguste Louys.
Cinq documents officiels publiés par le gouverneur britannique de l'époque, sir Henry Barkly, sur ordre de la reine Victoria, certifient la concession de ces îles aux trois partenaires. Les documents sont enregistrés et authentifiés par les officiers britanniques en charge de la colonie de Maurice, dont le Secrétaire colonial. Ces documents sont gardés, comme cela se doit, dans les livres du Registrar General. Paul Lemière s'être assuré que ces concessions figurent toujours dans le casier hypothécaire de feu son ancêtre.
Les cinq documents officiels débutent tous par la phraséologie suivante, mais il faut toutefois noter que les noms des îles changent là où il faut :
"Know all Men by these presents, that, by Virtue of the Power and Authority in me vested by The Queen, I do hereby grant from this day forth and for ever unto Henry Plasson, Auguste Louys and Hyppolyte Lemière, their Heirs ans Assigns, all the Portion of Land, consisting (ndlr : le nom de l'île est mentionné), situated in the Chagos Archipelago, Dependecies of Mauritius, in the following proportion, viz :-
ONE half of the said Island to the said Henry Plasson, One third of the said Island to the said Auguste Louys and One sixth of the said Island to the said Hyppolite Lemière Auguste Louys, and Hyppolite Lemière".
Paul Lemière et sa famille ont mis très longtemps pour faire prévaloir leur droit à l'héritage des biens de Hyppolite, soit plus de 140 ans. Ce retard ne pourrait-t-il pas être utilisé par les Britanniques pour invoquer une quelconque prescription ? À cette question, M. Lemière observe qu'une des dix conditions attachées à l'octroi de la concession à Hyppolite Lemière pourrait également alors se retourner contre le gouvernement britannique. Cette condition particulière se lit comme suit :
"3. THAT the Government shall be at liberty at any time to resume the property and possession of such portions of land to be granted, not however exceeding 2 acres in extent, as may be required for the erection of a school, church or chapel, Police station, Prison, Court House, or other Public Buildings or works, without any compensation or indemnity to the proprietors or holders of the ground thus taken, beyond the then actual value of any crop, plantation, or building, thereupon". M. Lemière interprète cette condition comme voulant dire que le gouvernement de Londres ne pouvait pas reprendre plus de deux arpents des terres concédées à son ancêtre.
Paul Lemière compte aussi faire ressortir que tout le démembrement des Chagos du territoire national mauricien fut entrepris dans un tel grand secret par la Grande-Bretagne, sur recommandation des États-Unis, en raison de son aspect militaire, qu'aucun des héritiers de Hyppolite Lemière n'aurait pu être au courant de se qui se tramait réellement et donc de faire respecter son droit d'héritage.
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